Faire la guerre, faire la paix
Comprendre les formes de conflits, les mécanismes de résolution, le rôle de l'ONU et les fondements du droit international humanitaire.
Objectifs pédagogiques
- Distinguer les différentes formes de conflits armés contemporains (interétatiques, intra-étatiques, asymétriques).
- Comprendre les principaux mécanismes de résolution des conflits (diplomatie, médiation, sanctions).
- Analyser le rôle et les instruments de l'ONU dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales.
- Maîtriser les principes fondamentaux du droit international humanitaire (DIH) et leur application.
- Réfléchir aux défis contemporains de la construction de la paix dans un monde multipolaire.
1. Les formes contemporaines des conflits
La nature de la guerre a profondément évolué depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et plus encore après la Guerre Froide. On observe une diminution des conflits interétatiques (entre États) classiques, au profit d'une multiplication des conflits intra-étatiques (à l'intérieur d'un État). Ces guerres civiles, souvent liées à des enjeux identitaires, religieux ou pour le contrôle des ressources, sont caractérisées par la fragmentation des acteurs (groupes rebelles, milices, seigneurs de la guerre) et une grande violence envers les civils.
Le phénomène de l'asymétrie est devenu central. Il désigne des conflits où les belligérants ont des moyens militaires, des stratégies et des statuts radicalement différents (par exemple, un État face à un groupe terroriste ou insurgé). Cette asymétrie conduit à des tactiques comme la guérilla, le terrorisme ou le cyber-conflit, brouillant les frontières entre combattants et non-combattants.
À retenir
La guerre symétrique (État contre État) est devenue plus rare. Les conflits actuels sont majoritairement asymétriques, intra-étatiques et impliquent une pluralité d'acteurs non-étatiques, rendant leur résolution extrêmement complexe.
Exemple concret : Le conflit en Syrie depuis 2011 illustre cette complexité. Ce qui était à l'origine un mouvement de protestation s'est transformé en une guerre civile multiforme, impliquant le régime, une myriade de groupes rebelles, des organisations jihadistes comme l'État Islamique, et des puissances régionales et internationales, créant un imbroglio diplomatique et humanitaire.
2. Résoudre les conflits : de la diplomatie à l'action collective
Face à un conflit, la communauté internationale dispose d'une palette d'outils pour tenter d'y mettre fin. La diplomatie préventive et la négociation sont les premiers recours, souvent menés par des médiateurs neutres (États, organisations régionales, ONG). Le but est de trouver un compromis politique acceptable pour les parties.
Si la diplomatie échoue, des mesures de coercition non militaires peuvent être décidées, principalement par le Conseil de sécurité de l'ONU. Il s'agit des sanctions ciblées (gel des avoirs, interdictions de voyager) ou économiques, visant à isoler et faire pression sur les responsables d'un conflit sans recourir à la force.
En dernier ressort, et sous conditions strictes, le recours à la force armée peut être autorisé par le Conseil de sécurité au titre du Chapitre VII de la Charte de l'ONU, pour "maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales". Il peut s'agir d'opérations de maintien de la paix (casques bleus) avec le consentement des parties, ou d'opérations d'imposition de la paix, plus robustes.
3. L'ONU et le droit international humanitaire : cadres de la guerre et de la paix
Fondée en 1945, l'Organisation des Nations Unies (ONU) a pour mission centrale d'"épargner aux générations futures le fléau de la guerre". Son architecture pour la paix repose sur le Conseil de sécurité, qui a la responsabilité principale du maintien de la paix et peut prendre des décisions contraignantes. L'Assemblée générale offre un forum de discussion mondial, tandis que le Secrétaire général joue un rôle crucial de médiation.
Point clé : Le DIH
Le Droit International Humanitaire (DIH), ou "droit de la guerre", est un ensemble de règles qui cherchent, pour des raisons humanitaires, à limiter les effets des conflits armés. Il protège les personnes qui ne participent pas ou plus aux combats (civils, blessés, prisonniers) et restreint les moyens et méthodes de guerre. Les Conventions de Genève de 1949 et leurs Protocoles additionnels en sont les piliers.
Le DIH s'applique à tous les belligérants, étatiques ou non. Ses principes fondamentaux sont la distinction entre combattants et civils, l'interdiction des maux superflus et des armes causant des souffrances inutiles, et la proportionnalité dans l'attaque. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) est le gardien et le promoteur de ce droit.
Exemple concret : Les tribunaux pénaux internationaux (pour l'ex-Yougoslavie, le Rwanda) et la Cour pénale internationale (CPI), créée en 2002, sont des instruments judiciaires visant à lutter contre l'impunité pour les crimes les plus graves (génocide, crimes contre l'humanité, crimes de guerre), renforçant ainsi le respect du DIH.
