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Les discriminations

Éducation Morale et Civique - Niveau 5ème

Leçon Droit et société

Objectifs pédagogiques

  • Comprendre la définition juridique et sociale d’une discrimination.
  • Identifier les différents types de discriminations (racisme, sexisme, homophobie…).
  • Connaître les textes de loi qui interdisent les discriminations en France.
  • Réfléchir aux moyens de lutter contre les discriminations au quotidien.

1. Qu’est-ce qu’une discrimination ?

Une discrimination est une inégalité de traitement fondée sur un critère interdit par la loi, dans un domaine précis (l’emploi, le logement, l’éducation, l’accès aux services…). Elle consiste à traiter une personne ou un groupe de personnes de manière moins favorable qu’une autre, en raison de caractéristiques personnelles qui ne devraient pas entrer en ligne de compte.

Pour qu’il y ait discrimination, trois éléments sont généralement nécessaires : un traitement différencié (une différence de traitement), un critère interdit (comme l’origine ou le sexe), et une situation comparable (les personnes sont dans une situation similaire). Par exemple, refuser un emploi à une personne qualifiée uniquement parce qu’elle est une femme, alors qu’un homme avec les mêmes compétences serait embauché, constitue une discrimination.

À retenir

Discriminer, ce n’est pas seulement avoir un préjugé. C’est un acte qui porte atteinte à l’égalité des droits. La loi française interdit ces actes et les sanctionne.

La discrimination peut être directe (le traitement inégal est clairement exprimé) ou indirecte (une règle apparemment neutre désavantage en réalité un groupe particulier). Par exemple, exiger une taille minimale pour un poste de bureau peut indirectement discriminer les femmes, qui sont en moyenne plus petites.

2. Les principaux types de discriminations

La loi française reconnaît plus de 25 critères de discrimination prohibés. Voici trois des plus répandus, qu’il est essentiel de connaître pour les identifier et les combattre.

Le racisme

C’est une discrimination fondée sur l’origine, la nationalité, l’appartenance ethnique ou la « race » (un terme scientifiquement infondé mais utilisé dans le droit). Le racisme postule la supériorité d’un groupe sur un autre.

Exemple concret : Un propriétaire qui refuse de louer son appartement à une famille en raison de son nom de famille ou de sa couleur de peau commet une discrimination raciale.

Le sexisme

Discrimination fondée sur le sexe ou le genre. Elle touche principalement les femmes, mais peut aussi concerner les hommes. Elle se manifeste par des stéréotypes (« les filles ne sont pas bonnes en maths »), des inégalités (écarts de salaire) ou du harcèlement.

Exemple concret : Dans un magasin de jouets, orienter systématiquement les filles vers les poupées et les garçons vers les voitures renforce des stéréotypes sexistes.

L’homophobie et la transphobie

Discriminations fondées sur l’orientation sexuelle (attirance pour une personne du même sexe ou des deux sexes) ou l’identité de genre (le sentiment profond d’être un homme, une femme, ou autre). Les insultes (« pédé », « gouine »), les moqueries ou les refus de service en sont des manifestations.

Exemple concret : Un élève qui est harcelé ou mis à l’écart par ses camarades parce qu’il a deux mamans ou parce qu’il ne correspond pas aux codes traditionnels de son genre est victime de discrimination.

Point clé

D’autres critères sont également protégés : le handicap, l’âge, les opinions politiques, la religion, l’apparence physique… Toute distinction basée sur ces critères dans les domaines visés par la loi est interdite.

3. Le cadre légal : que dit la loi ?

En France, le principe d’égalité est un pilier de la République. Il est inscrit dans la devise « Liberté, Égalité, Fraternité » et dans l’article premier de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789. Plusieurs textes de loi précisent et renforcent cette interdiction.

Le texte principal est l’article 225-1 du Code pénal. Il dresse la liste des critères de discrimination prohibés et les domaines d’application (embauche, logement, éducation, accès aux biens et services…). Commettre une discrimination est un délit, puni par la loi : l’auteur risque jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende.

La Constitution française et les traités internationaux signés par la France (comme la Convention européenne des droits de l’Homme) interdisent également les discriminations. Des institutions comme le Défenseur des droits ont pour mission de défendre les victimes, de les informer et de recevoir leurs signalements.

4. Comment lutter contre les discriminations ?

La lutte contre les discriminations est l’affaire de tous : de l’État, des institutions, mais aussi de chaque citoyen. Au quotidien, plusieurs actions sont possibles.

  • S’informer et éduquer : Comprendre les mécanismes des discriminations et déconstruire ses propres préjugés est la première étape.
  • Être un témoin actif : Si l’on est témoin d’une discrimination ou d’une injustice, il ne faut pas rester silencieux. On peut soutenir la victime, alerter un adulte de confiance (parent, professeur, CPE).
  • Utiliser les recours légaux : Les victimes peuvent porter plainte, saisir le Défenseur des droits (gratuitement) ou des associations spécialisées (SOS Racisme, le Planning Familial…).
  • Promouvoir l’inclusion : À l’école, dans son club de sport, entre amis, veiller à ce que chacun se sente accepté et respecté dans sa différence.

La fraternité, valeur de la République, nous invite à cette solidarité active. Lutter contre les discriminations, c’est construire une société plus juste et plus respectueuse de la dignité de chaque personne.

Pour aller plus loin

Ressource utile : Le site du Défenseur des droits propose des fiches et des vidéos explicatives adaptées aux jeunes.

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